Il y a un an, Le réveil de la Force avait largement divisé le public. Certains avaient apprécié le fan-service et le retour à l’esprit de la trilogie originale, d’autres avaient ouvertement critiqué le manque de nouveauté et le côté copié-collé de l’épisode IV. Un an plus tard, Rogue One a la lourde tâche de réconcilier une partie des fans avec le projet Star Wars de Disney… pas une mince affaire mais le pari est clairement réussi.

Oubliez vite l’épisode VII (dont vous trouverez une critique par la famille Tartempion ici), le véritable réveil, non pas de la force mais de Star Wars, a bel et bien lieu de Rogue One: a Star Wars story. Il est remarquablement étonnant de noter que c’est un spin-off, dont il était clair dès le départ qu’il romprait avec les trilogies tant par le thème que le style, qui renoue avec l’esprit original de Star Wars.
Certains n’avaient pas aimé la direction prise par la prélogie, à tord ou à raison, et beaucoup étaient déçus par le manque d’originalité de l’épisode VII… Rogue One les réconciliera surement avec la saga !

La rébellion plutôt que les Jedi !

Dans ce Rogue one, chronologiquement logé entre les épisodes III et IV, pas question de Skywalker et de Jedi en général. Cela marque une rupture franche avec la saga car après tout, c’est aussi et surtout une saga familiale !  Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas une mauvaise chose, au contraire c’est très bénéfique à Rogue One qui peut dès lors se permettre d’aborder des thématiques jusque là inexplorée dans Star Wars.
A la fin de l’épisode III nous quittons un monde qui sombre dans la tyrannie de Palpatine, persécute et tue les Jedi et où Anakin sombre du côté obscur. Dans l’épisode IV nous retrouvons, dès années après, un monde soumis à l’Empire et une rébellion naissante qui rêve de renverser la dictature. Une question restait alors en suspend : quoi entre les deux ?
La montée en puissance de l’Empire, la naissance de la rébellion, à tout cela Rogue One ne répond pas clairement mais nous donne bon nombre d’éléments d’explication et c’est déjà très bien.
Nous découvrons une alliance pas si unie que nous l’imaginions, divisée entre des courants plus ou moins radicaux. Surtout, nous assistons à la naissance de l’arme ultime de l’Empire, l’étoile de la mort n°1 (à noter que le film corrige la mauvaise traduction « Etoile noire » qui avait été faite pour des raisons de doublage dans la première saga). C’est dans ce contexte que se déroule l’action et cela nous permet de découvrir Star Wars sous un nouvel angle. Car la guerre ne se limite pas au simple affrontement paricide Luke vs Vador, ce sont des milliers d’hommes et de femmes (rebelles, autochtones et troopers de l’Empire) qui s’affrontent partout dans la galaxie. le film nous plonge davantage dans le combat de ces personnes qui ne supportent plus la domination de l’Empire et décident de lui tenir tête.
Oubliez donc les sabres-laser, le combat se passe majoritairement à grand coup de rafales de blasters !

La force de la nouveauté !

Au niveau de la réalisation ce Rogue One est une franche réussite. Les effets spéciaux sont bons et surtout la direction artistique est excellente ! La photographie est magnifique et certains plans sont tout simplement superbes. Le style graphique est assurément nouveau et se veut en rupture avec les autres opus, plus travaillé mais aussi plus immersif. C’est à l’arrivée un pur régal pour les yeux !
Outre l’esthétique, tout a été pensé pour ne pas tomber dans le piège du Réveil de la force : manquer d’originalité à force de ne pas vouloir brusquer les fans.
Nouvelles planètes, nouveaux vaisseaux, nouveaux personnages, tout y passe !
Le film disposait d’une marge de manœuvre pourtant réduite, il devait s’intégrer à la chronologie et coller avec les événements du IV qui lui font directement suite. Malgré cela, tellement de nouveautés nous font nous poser de sérieuses questions sur l’imagination des scénaristes de l’épisode VII où tout était pourtant à reconstruire…
Les personnages sont un vent de fraîcheur, de Chirrut Imwe, l’aveugle dévot de la Force qui manie l’aïkido au milieu du champ de bataille, jusqu’à Oron Krennic, le responsable de la construction de l’Etoile de la mort, en passant par le droïde K-2SO à l’humour décapant… On est bien loin du pâle Kylo Ren au charisme plus que douteux.
La nouveauté n’empêche pas les nombreux mais subtils clins d’œil à la saga d’origine et de nombreuses apparitions de personnages emblématiques (cohérence de l’histoire oblige).
Ce Rogue One est finalement un savant mélange, bien équilibré, entre références à ses brillants ancêtres et nouveautés assumées et bien trouvées.

Vous avez dit épique ?

Ne nous mentons pas, Star Wars c’est une saga épique et c’est pour ça qu’on l’aime ! Les chevaliers Jedi, les combats au sabre laser, les batailles de vaisseaux, les héros valeureux, les rebondissements inattendus… tout cela fait le charme de la saga. C’est un aspect clairement assumé dans Rogue One. Les moments de bravoures sont nombreux, les héros font des trucs héroïques (forcément), on est servi !
Niveau scénario, les rebondissements ne sont pas exceptionnels mais finalement l’histoire tout entière repose sur l’ambivalence de certains personnages, à commencer par Jyn Erso, partagée entre le désir de sauver son père et ce que la rébellion attend d’elle. Pas de twist de dernière minute totalement inattendu donc mais plutôt une tension permanente qui monte crescendo pour atteindre son paroxysme lors de la bataille finale de Scarif. Ne vous inquiétez pas, si l’absence de Jedi fait que les combats au sabre sont absents, vous en aurez quand même pour votre argent niveau affrontements épiques.
Par ailleurs, L’intensité dramatique est supérieure à celle de la plupart des épisodes de la saga (hormis le V et le III). N’ayons pas peur des mots, Rogue One est même tragique.
Tout cela ne serait cependant pas si puissant si le film ne se concluait pas par une scène finale qui est d’ores et déjà à considérer comme l’une des meilleures, tous épisodes confondus… (vous comprendrez en la voyant).

C’est un Star Wars à part entière, à considérer certainement comme l’un des tous meilleurs. Alliant à la perfection l’esprit des épisodes 4,5,6, l’intensité de l’épisode 3 et y ajoutant sa propre identité, résidant dans son esthétique soignée et son caractère éphémère (Puisqu’il est un one-shot contrairement à tous les autres).

Finalement pour résumer :
– Il est beau
– Il apporte un renouveau essentiel
– Il n’oublie pas pour autant les références et les clins d’œil
– Il est épique
– Il est intense
– Il est Star Wars !

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