Sorti en avant première française au comic-con de Paris, le film d’animation sausage party promettait d’être destiné aux adultes plutôt qu’un simple dessin animé à plusieurs niveau de lecture. Bilan d’une expérience très… gênante.

Résumons rapidement le pitch de départ : comme pour les jouets de Toy story, les aliments de sausage party sont vivants. Dans un supermarché américain, les saucisses et autres fruits et légumes attendent patiemment que les dieux (nous) les choisissent pour aller dans le grand au delà (l’extérieur du magasin). Sauf que tout ceci est une farce puisque les dieux sont cruels et bouffent les aliments ! (doux Jésus). Cela peut laisser présager un énième dessin animé mièvre d’autant qu’il débute par une petite chansonnette digne de Disney. Pourtant il n’en est rien car au bout de 30 secondes, les saucisses parlent crûment de fourrer les pains à hot dog… Ça pose le contexte.

Une saucisse party très… hot (dog).

S’il y a bien une saucisse party, nul doute qu’elle est organisée par Dominique Strauss-Kahn et Silvio Berlusconi car disons le clairement, cela tourne vite à l’obscène. Des aliments qui ne pense qu’à se «fourrer» mutuellement jusqu’à la grande partouze finale (tréééés explicite), c’est à se demander si le niveau intellectuel de l’Américain moyen est si bas que la simple évocation du champ lexical de la pornographie suffise à l’amuser.
On peut faire de l’humour graveleux mais il ne suffit pas de mettre les mots bites et cul dans une phrase pour la rendre drôle…
Le problème n’est pas de vouloir faire de l’humour classé X mais bien de ne pas faire l’effort d’écrire des blagues et de se contenter de pondre des personnages qui lancent des propos scabreux à tout bout de champ. On se serait volontiers passé, par exemple, du méchant de l’histoire le fameux « douche » un produit d’hygiène féminine (oui il est aussi pervers qu’on peut l’imaginer).

Pourtant, tout n’est pas a jeter dans ce dessin animé où le vulgaire le plus beauf laisse parfois place à des inspirations purement géniales !

Un coulis de génie sur un plat immangeable.

Disons le clairement, sausage party donne souvent envie d’éteindre l’écran par son obscénité gênante et pas franchement drôle, pourtant dans ce marasme se cache l’esquisse d’un chef d’oeuvre sous exploité.
Comment ne pas crier au génie devant la métamorphose de Stephen Hawking, transformé en chewing-gum, fonçant dans son fauteuil roulant sur la musique de terminator ?
Comment ne pas s’extasier face à la métaphore du conflit israélo-palestinien sur une étagère trop petite pour deux groupes d’aliments qui ne veulent pas cohabiter ?
Comment ne pas trouver génialissime la scène où une saucisse s’exclame «ils mangent des enfants» lorsqu’un humain avale une poignée de baby-carrott ?

Finalement Sausage Party c’est un peu comme mélanger une parodie de porno de seconde zone avec une comédie d’auteur : Chaque bon mot, chaque belle métaphore perd tout son intérêt à partir du moment où les dialogues se résument à « J’vais t’fucker » répété 500 fois…
Sans l’indécence des propos salaces dont la répétition lasse et sans la scène de l’orgie finale (qui va beaucoup trop loin), sausage party aurait pu être un bijou de clins d’œil cinématographiques et de métaphores dénonçant la bêtise des rapports humains sur fond de comédie un peu malsaine… dommage.

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