C’était probablement la plus grande attente de cette rentrée des séries, la nouvelle saison de The walking dead et la fameuse réponse à la question qui brûlait toutes les lèvres depuis des mois : Qui Negan a-t-il tué ? Maintenant que la réponse est connue, une autre question nous taraude : Negan a-t-il bien choisi ses victimes ?

« Eennie Meenie Miney Moe » (en VF « am-stram-gram »), la comptine a résonné dans nos têtes pendant des mois. Sur quelle tête Lucille, la fameuse bâte de Negan, allait-elle sauvagement s’abattre ?
Ce ne fut finalement pas une mais bien deux victimes : Abraham puis Glenn.
Si les débats fusent sur les réseaux sociaux, sur le ton « Je sui tro dég ke Glenn soi mort », une toute autre question mérite d’être posée, le choix des victimes est-il scénaristiquement cohérent ? Autrement dit, ces deux meurtres étaient-ils les « meilleurs » choix possibles pour Negan ? Nous pensons que oui, élément d’explication.

Marquer les esprits 

Le but de Negan est avant tout d’asseoir sa domination sur le groupe de Rick. Il lui était donc nécessaire de choquer les survivants en les rendant impuissants face à ses actes.
Le batteur l’avait tout de suite remarqué, Abraham était du genre à lui tenir tête alors il l’a lui a explosée… Se débarrasser d’Abraham était certainement un choix très stratégique pour Negan. Premièrement c’était certainement le plus fort (physiquement) du groupe, deuxièmement la tenue, la coupe réglementaire et le maintien d’Abraham ont surement laissé entrevoir à Negan son passé militaire. En le tuant, Negan confortait donc la supériorité de son groupe sur celui de nos héros et marquait aussi violemment les esprits en s’en prenant à celui qui semblait le plus invincible.
Un choix on ne peut plus judicieux !
Pour ce qui est de Glenn, Negan n’avait probablement pas choisi de le tuer au départ, c’est l’intervention de Daryl qui l’a poussé à le faire. De là à penser que Lucille a frappé Glenn au hasard ? C’est loin d’être certain.
Negan avait certainement remarqué que Glenn et Maggie n’arrêtait pas de se parler et de se regarder, tout comme il avait surement noté que Magie était enceinte. Au lieu de punir directement Daryl de sa rébellion, Negan choisit de tuer Glenn. Pourquoi ? Parce qu’ainsi il rend Daryl coupable de la mort à la fois du petit ami de Maggie mais aussi du père de leur futur enfant. Nul doute que Daryl s’en sentira fortement coupable et peut être même que le groupe le lui reprochera.
En tuant Glenn plutôt que Daryl, le choc psychologique pour le groupe est certainement encore plus grand.

Se débarrasser des forces vives

Rien qu’en observant le groupe un instant, il est facile de remarquer que les hommes sont peu nombreux et surtout ceux qui représentent potentiellement des leaders « guerriers ». Rick (le chef), Abraham (le soldat et le costaud de service) et Daryl (le marginal à l’arbalète) apparaissent bien vite comme les plus dangereux (on omet volontairement Michonne dont on ne peut supposer la « badassitude »). Negan sait qu’il a encore besoin de Rick, car il faut tout de même un chef à ce groupe, en revanche il peut éliminer Abraham et Daryl. Pour le premier c’est expéditif, pour le second c’est plus pernicieux en lui faisant porter la responsabilité de la mort de Glenn. Toutefois pour s’assurer que Daryl ne nuira plus, Negan le garde en otage. En tuant Glenn plutôt que Daryl, il se débarrasse donc des deux pour le prix d’un !
Ne reste plus donc que Rick pour sonner la révolte, en témoigne le fameux « not today, not tomorrow ». En le poussant à couper la main de son fils pour sauver le reste du groupe, Negan soumet définitivement Rick en le brisant psychologiquement. Comme il le dit d’ailleurs lui même « c’est ce regard que je voulais voir », un regard implorant.

Negan sait pertinemment que la peur ne peut suffire à contrôler un groupe de survivants, habitués à se battre pour leurs vies. Il devait donc convaincre Rick et les autres qu’ils ne pouvaient absolument rien contre lui, les décourager totalement. C’est chose faite puisque Glenn et Abraham sont morts, Rick et Daryl psychologiquement marqués et le reste du groupe sous le choc pour un bon moment, le tout en « seulement » deux morts.
C’est ce qui s’appelle être efficace !

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