La raison d’être d’un spin-off est par définition d’apporter quelque chose à sa série source, alors que la deuxième saison de Fear the Walking Dead est déjà bien entamée, comment la série a-t-elle enrichi l’univers de sa grande sœur ? Spoilers Inside

Certains l’aiment, d’autres la détestent, comme tous les spin-off Fear TWD ne fait pas l’unanimité. Finalement assez différente de la série d’origine, elle a pourtant indéniablement agrandi son univers et propose un regard nouveau sur l’apocalypse qui a frappé la bande de Rick Grimes.

AUX ORIGINES

Très certainement, le point fort de Fear TWD est d’avoir situé son action dès les débuts de l’épidémie des « walkers » là où la série d’origine voyait son personnage principal se réveiller longtemps après le début des événements, nous privant par la même occasion de découvrir comment tout cela s’était produit. C’était d’ailleurs pour cela que la série était si attendue au départ.
Si quelques bribes d’explications ont été semées dans TWD sur les causes et le fonctionnement de la zombification, ce n’est clairement pas le sujet de la série. Fear TWD, libérée des comics, puisqu’il ne s’agit pas d’une adaptation, peut davantage aborder la question de l’origine de l’épidémie et, surtout, de sa propagation.
La saison 1 nous avait particulièrement gâté mais l’on prend toujours plaisir dans cette saison 2 à découvrir de nouveaux territoires (au Mexique) ravagés eux aussi par la zombification. Plus encore, la découverte d’un (soit-disant) personnage immunisé en la personne d’Alejandro Nunez pourrait relancer la question de la nature même du mal qui s’est abattu sur la terre. Par ailleurs, tous les amoureux de films de zombies et/ou sur les virus savent qu’une personne immunisée est le premier pas vers un vaccin. Tout à l’inverse du faux remède que connaissait soit disant Eugène dans TWD.
Seul problème : Fear TWD se passe chronologiquement avant TWD
Mais pour combien de temps ?
Robert Kirkman le créateur de la série déclarait au lancement du spin-off  « Je dirais que je ne considère pas cette série comme une préquelle de The Walking Dead, car à un moment-donné, l’un des épisodes du spin-off s’alignera avec la saison 3 de la série. »
De quoi supposer qu’un jour Fear TWD dépasse chronologiquement la série d’origine ? Pourquoi pas mais ce n’est en tout cas pas pour maintenant.

DU RÉALISME

En attendant de savoir ce qu’il adviendra de l’immunité d’Alejandro et donc de l’épidémie, Fear TWD a déjà tranché avec la série d’origine en proposant une vision plus réaliste de l’apocalypse. L’aspect comics de TWD est effacé et les nouveaux personnages sont des personnes plus normales. Fini Michonne et son katana, Abraham et sa dégaine de gaulois ou encore Jesus le Arsène Lupin de la fin du monde. Les protagonistes de Fear TWD sont des gens simples, sans fioritures, le plus souvent terrifiés et dépassés par les événements, bref ils sont réalistes !
Alors certains diront que tout le charme de la série d’origine reposait justement sur ses personnages hauts en couleurs mais Fear TWD ne pouvait pas se risquer à jouer les pâles copies et ce virage réaliste offre une autre perspective de l’univers de TWD.

LE RAPPORT A LA MORT

Ce réalisme apporte notamment une réaction différente des personnages vis à vis de leur situation. Si les héros de TWD se perdent régulièrement dans des discussions existentielles comme si tous étaient diplômés d’un doctorat de philosophie, Fear TWD choisi d’insister sur le rapport que les personnages entretiennent avec la mort.
Tout d’abord c’est au travers du deuil que cette question est abordée puisque la plupart des personnages perdent des êtres chers dès la première saison. La fin de la saison 1 et la saison 2 plus encore, approfondissent ce thème récurent de la mort en y faisant entrer deux nouvelles dimensions.
Ce sont d’abord les impacts psychologiques et sociaux de la prédominance de la mort qui apparaissent, notamment à travers le personnage de Chris. L’adolescent, visiblement perturbé par tous ces événements vire psychopathe et n’a plus tellement de scrupule à tuer à tour de bras (walkers ou survivants). Un genre de Dexter au pays des zombies.
L’autre aspect abordé avec récurrence bien qu’implicite est celui de la religion; Le coup de génie des créateurs de Fear TWD ayant été de situer l’intrigue au Mexique, un pays dont la culture est étroitement liée à la mort. Ainsi les Mexicains célèbrent el Dia de los muertos (le jour des morts), une célébration qui malgré le sujet est assez festive puisqu’elle se manifeste par des festivals et des défilés. Par ailleurs, les adeptes de la Santa Muerte (un culte dédié à la sainte mort) sont estimés à plus de 10 millions au Mexique, en faisant ainsi le culte avec l’expansion la plus rapide sur le continent américain.
C’était le terreau rêvé pour une histoire de morts qui reviennent à la vie et les créateurs de Fear TWD l’ont bien compris. Ainsi la dimension religieuse commence à prendre une place importante dans l’histoire du spin-off puisque les héros, notamment Nick, sont souvent confrontés à de nouveaux cultes qui voient en l’invasion zombie une sorte de purification et/ou de lien avec le monde des morts.
Fear TWD se permet donc d’approfondir des questions qui avaient été très (trop ?) légèrement entrevue à l’apparition du père Gabriel dans la série d’origine.

Intelligemment, Fear TWD ne ressemble pas à son aînée. Un choix qui permet d’explorer cet univers à travers deux visions totalement différentes et assure ainsi que les deux séries soient complémentaires.

 

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