Juillet 2016, Netflix dévoile sa nouvelle bombe sérielle. Il ne faut qu’un épisode pour se rendre compte qu’on est face à un petit chef d’oeuvre…

Netflix nous avait habitués à lancer des séries ambitieuses. Outre les séries inspirés de Comics (Jessica Jones, Dardevill), la plateforme de VOD américaine s’était montrée inspirée avec Narcos, Orange is the new black et plus encore avec Sense 8, le bijoux des sœurs (anciennement frères) Wachowsky. Tout cela n’était que le prémisse à une ambition plus grande encore : produire une série culte de Science-fiction dans un paysage télévisuelle qui en manque cruellement ces dernières années.

UN VRAI FILM DE GENRE

Quelques notes de musiques éléctro minimaliste, des néons rouges vintage, le générique suffit seul à vous plonger droit dans les années 80. Car oui Stranger Things est rétro et non ce n’est pas ringard !
Une Amérique des eighties pleinement assumée, qui nous renvoie droit aux classique du cinéma comme Indiana Jones ou Retour vers le futur. C’est peut être là d’ailleurs le vrai génie de Duffer Brother (réalisateurs), nous avoir pondu, plus qu’une série, un véritable hommage au cinéma de genre. Les clins d’œil aux films de Spielberg pullulent, comme c’était déjà le cas dans Super 8 de J.J. Abrams (à laquelle la série emprunte beaucoup).
Des gamins sur des vélos qui balancent à tout va des dialogues de Star Wars et du Seigneur des anneaux, qui jouent à Donjons et Dragons pendant des heures et permettent aux réalisateurs de nous montrer cette oeuvre au prisme du regard candide de l’enfance.
On retrouve la tendresse naïve d’E.T. dans la relation des trois gamins avec « 11 » leur nouvelle copine aux pouvoirs paranormaux mais aussi la folie des parents de Rencontre du troisième type face à des événements qui dépassent leur entendement.

LE GRAND MÉCHANT LOUP

Heureusement, Stranger Things ne se contente pas de reprendre ce qui a fait le succès des films de Science-fiction pour ados des années 80 mais les réinvente. A commencer par le monstre, parce que ce genre de film ne serait rien sans un monstre.
C’est véritablement là que se joue toute l’originalité de Stranger Things, ce monstre nous fait sortir de notre zone de confort. Assis sur notre canapé, on ne peut s’empêcher d’avoir un frisson dans le dos et de sursauter chaque fois que la créature est entrevue.
Rarement montrée, toujours présente, nous l’avons toujours à l’esprit, elle nous angoisse, nous obsède, qui est elle ? Que veut elle ?
Un lien évident avec le laboratoire militaire de la petite ville d’Hawkins, serait-ce le résultat d’une expérience qui a mal tournée ? Ou peut être, comme souvent, est ce une créature venue d’ailleurs ?
Peu importe, c’est surtout la réincarnation du croque-mitaine, c’est le monstre caché sous le lit, la peur incarnée, toujours là, capable de frapper à n’importe quel moment.
Car Stranger Things est aussi une oeuvre à plusieurs niveau de lecture, parfois clairement métaphorique, elle aborde des thèmes forts comme la perte d’un être cher et la mort tout simplement.
La série n’hésite d’ailleurs pas à aborder des thèmes franchement sérieux en égratignant le gouvernement américain et ses expériences secrètes menées durant la guerre froide. Les références à MK Ultra, véritable projet de la CIA visant à doter les soldats de capacités mentales hors normes, sont habiles et donnent une profondeur certaine au scénario.

DÉJÀ CULTE 

Si une saison 2 est déjà prévue et que nous aurons plaisir à la retrouver, elle n’est pas nécessaire pour assurer à Stranger Things de rester dans les annales. Une oeuvre résolument rétro, franchement paranormale et subtilement angoissante.
Stranger Things nous renvoie aux plus grands heures du cinéma de grand spectacle, celles où Hollywood réinventait sans cesse la culture populaire. L’époque des films de Spielberg, certes, mais aussi celle des Ghostbusters, Alien, Star Wars, Terminator et autres, une époque où le cinéma d’Hollywood faisait encore rêver et où chaque nouveau film était une claque cinématographique. Une époque bien loin du combo remake-reboot-franchise actuel qui pue franchement le manque de créativité…

Publicités